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La mouche de l’olivier : qu’est-ce que c’est et comment s’en débarrasser

Vous êtes un passionné d’oléiculture et possédez une petite oliveraie ? Ou vous êtes une grande entreprise qui perpétue la tradition familiale en prenant soin d’une vaste oliveraie séculaire afin qu’elle puisse toujours vous produire une excellente huile d’olive extra vierge ?

Quel que soit le nombre d’oliviers que vous possédez, il reste établi que l’un des dangers les plus redoutés pour ces arbres résistants et longévifs est la mouche de l’olivier, qui peut compromettre les résultats qualitatifs et quantitatifs de la production d’huile.

Voyons ensemble ce que c’est et comment nous en débarrasser !

La mouche de l’olivier : qu’est-ce que c’est

La mouche de l’olivier (Bactrocera oleae) représente le principal problème phytosanitaire en oléiculture ; le contrôle du phytophage doit être particulièrement attentif, car d’éventuelles erreurs peuvent compromettre les résultats quantitatifs et qualitatifs de la production. La qualité de l’huile se trouve en effet fortement compromise à la suite d’attaques importantes de la mouche, en raison des galeries creusées par les larves dans la pulpe qui déterminent la fuite de l’huile des vacuoles avec pour conséquence l’augmentation de l’acidité libre, du nombre de peroxydes, du K232 et le déclenchement de fermentations qui induisent l’apparition dans l’huile de défauts organoleptiques. De plus, la Bactrocera oleae est l’un des rares pathogènes de l’olivier qui nécessite, au moins dans certaines zones, des interventions de défense constantes et qui peut donc représenter une limite à l’application de méthodes de culture biologiques.

L’insecte se reproduit aux dépens des drupes d’olivier en accomplissant l’intégralité du cycle biologique (œuf-larve-pupe-adulte) précisément à l’intérieur de l’olive.

Les premières générations de cet insecte sont présentes à partir de la fin du printemps en concomitance avec la phase phénologique de la nouaison de l’olivier. L’attention appropriée doit cependant être portée à partir de la phase phénologique du grossissement de la drupe qui se produit normalement à partir de fin juin-mi-juillet, selon les différentes régions et les conditions climatiques, phase durant laquelle la pulpe de l’olive tend à être réceptive aux piqûres de la mouche.

Comment nous débarrasser de la Bactrocera oleae

La première chose à faire est de surveiller cet insecte très redouté.

Le suivi du phytophage doit s’effectuer selon les modalités suivantes :

  • L’installation de pièges à phéromone, 3 par hectare de surface oléicole, et la lecture hebdomadaire de ces derniers avec détermination des captures (captures/piège/semaine) afin de suivre l’évolution du vol des adultes ;
  • Détermination hebdomadaire du pourcentage d’infestation active des drupes (œufs, larves de I et II âge), en prélevant un échantillon de 100 drupes/Ha, 10 olives choisies au hasard dans la frondaison de 10 plantes représentatives (respecter, dans le choix des plantes représentatives, la composition variétale de l’oliveraie) ;

Remplacement, toutes les quatre semaines, du panneau collant et du diffuseur de phéromones des pièges.

Vous trouverez ici un bref guide sur la façon de construire des pièges artisanaux pour la mouche de l’olivier et comment les positionner au champ !

L’échantillon d’olives prélevé doit être examiné à l’aide d’un stéréomicroscope, en identifiant les drupes qui présentent des signes d’oviposition. La piqûre d’oviposition détermine la formation d’une fissure de forme triangulaire longue de 1,0-1,5 mm, de couleur brune sur les olives (Figures 1 et 2).

Les olives qui présentent des piqûres d’oviposition doivent être sectionnées, à la recherche des différentes formes préimaginales. La détermination de l’infestation prévoit l’identification et le comptage des formes préimaginales et des trous d’émergence des adultes (Figures 3, 4 et 5).

CONTRÔLE DU PHYTOPHAGE (niveau d’infestation)

Le pourcentage d’infestation active constitue le seul paramètre pour établir le dépassement du seuil d’intervention pour les traitements curatifs ou larvicides selon ce qui est prévu par les Plans Régionaux de Lutte Phytopathologique Intégrée.

Le contrôle prévoit l’application des interventions suivantes :

  • Traitements avec des produits à action répulsive sur les ovipositions et/ou à effet bactéricide à l’encontre des bactéries symbiontes des larves de mouche, en intervenant aux toutes premières captures : CUIVRE ; CUIVRE + CHAUX ; ZÉOLITE ; KAOLIN.

Les produits phytosanitaires à base de cuivre ne sont pas homologués pour le contrôle de la Bactrocera oleae ; les autres produits sont des corroborants et des renforçateurs des défenses des plantes. Ils sont autorisés en régime d’agriculture biologique.

  • Application de Systèmes Attract and Kill, en installant, aux premières captures, des pièges contenant des attractifs (alimentaires, chromatiques, phéromoniques) associés à un produit insecticide de contact (Deltaméthrine ou Lambdacyhalothrine) ou à un système capturant ; ils sont autorisés en régime d’agriculture biologique.
  • Traitements préventifs ou adulticides avec des appâts protéiques activés avec SPINOSAD, en intervenant aux toutes premières infestations. Ils sont autorisés en régime d’agriculture biologique ; ils sont autorisés au maximum 8 traitements par an.
  • Traitements curatifs ou larvicides avec ACÉTAMIPRIDE*, PHOSMET* ou DIMÉTHOATE**, en intervenant au dépassement du seuil de 5-10 % d’infestation active des drupes. Ils ne sont pas autorisés en régime d’agriculture biologique.

Nous savons maintenant ce qu’est la mouche de l’olivier et comment nous en débarrasser. Nous pouvons descendre sur le terrain et la combattre pour protéger nos oliviers et produire une huile de qualité.

*Sont autorisés au maximum 2 interventions par an indépendamment de l’adversité

**l’utilisation est autorisée à partir du 1er juillet au 28 octobre 2020 suite à une dérogation à l’utilisation de la s.a. de la part du Ministère de la Santé du 26 juillet 2020 et au maximum 2 interventions

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Alfio Lo Conte

Technicien et expert des huiles d’olive extra vierges, inscrit au Registre National section Campanie. Maître de moulin diplômé, diplôme obtenu auprès de l’International Extravirgin Agency.

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